La Cité des arts et des sciences de Valence, le musée des Sciences de Calatrava et le pont de l'Assut de l'Or

Valence

Une ville qui a déplacé son fleuve, transformé son lit en parc de neuf kilomètres, et bâti dedans l'ensemble architectural le plus spectaculaire d'Espagne.

9 km
de parc dans l'ancien lit du Turia
3ᵉ
ville d'Espagne
2 j
pour voir l'essentiel
1 h 50
de Madrid en AVE

Valence est la troisième ville d'Espagne, et sans doute la plus facile à visiter : le centre médiéval se traverse à pied en vingt minutes, la plage est au bout du tramway, et les prix n'ont rien à voir avec ceux de Barcelone, à trois heures et demie de route au nord.

Tout part d'une décision prise après l'inondation de 1957 : détourner le fleuve hors de la ville. Le lit vide est devenu un parc, et c'est dans ce parc que la ville a construit à peu près tout ce qu'on vient y voir.

Le fleuve devenu jardin

Le projet initial prévoyait une autoroute urbaine dans le lit asséché. Les habitants ont obtenu un parc à la place.

La crue de 1957 a noyé le centre de Valence et fait des dizaines de morts. Le Turia a été dévié au sud de la ville, laissant un lit de neuf kilomètres qui traverse l'agglomération d'ouest en est. Le jardin du Turia qui l'occupe aujourd'hui est l'un des plus grands parcs urbains d'Europe : pinèdes, terrains de sport, palmiers, et dix-huit ponts anciens qui l'enjambent toujours, désormais au-dessus de l'herbe.

C'est aussi la meilleure façon de circuler : à vélo, du Bioparc à l'ouest jusqu'à la Cité des arts à l'est, sans croiser une voiture. Comptez une heure d'un bout à l'autre.

Le parc n'a rien d'une pelouse continue : il change de nature tous les kilomètres. Roseraie et bassins près du Palau de la Música, terrains de sport et pistes d'athlétisme au centre, pinèdes et aires de jeux plus loin, dont le Gulliver, un géant couché de soixante-dix mètres dont les cheveux et les vêtements sont des toboggans. Le tout est en accès libre et ouvert la nuit.

Le jardin du Turia à Valence, sa colonnade blanche réfléchie dans un bassin, palmiers et immeubles au-dessus de l'ancien lit du fleuve
Le lit du Turia, détourné après la crue de 1957. Le projet initial prévoyait une autoroute urbaine : les habitants ont obtenu neuf kilomètres de parc.

La Cité des arts et des sciences

Bâtie dans le lit du fleuve par Santiago Calatrava, enfant du pays, et Félix Candela, elle aligne cinq bâtiments blancs sur des bassins peu profonds qui les doublent par reflet. C'est l'image que tout le monde associe à Valence, et de loin la plus photographiée.

Ce qui se visite, et ce qui se regarde

L'Oceanogràfic, le plus grand aquarium d'Europe, demande une demi-journée à lui seul, et c'est la visite à faire avec des enfants. Le Museu de les Ciències est un musée interactif où l'on touche tout. L'Hemisfèric projette sur un écran hémisphérique. Le Palau de les Arts, l'Umbracle et l'Àgora, eux, se contentent d'être vus de l'extérieur, et cela suffit largement.

Le meilleur moment pour les photographier est tôt le matin, quand les bassins sont lisses et l'ensemble vide, ou à la tombée de la nuit quand l'éclairage s'allume.

Oceanogràfic et Cité des arts

Le billet combiné pour l'Oceanogràfic, le musée des Sciences et l'Hemisfèric revient moins cher que les trois entrées séparées, et évite la file du guichet en été.

Valence : billet combiné Oceanogràfic, Hemisfèric et musée des Sciences

4,4 (3 407 avis)

46 € par personneprix de départ relevé le 2 septembre 2026

Le centre historique

La Lonja de la Seda

La bourse de la soie, classée à l'UNESCO, est le plus beau bâtiment civil gothique d'Espagne : une salle unique où huit colonnes torses montent en palmier jusqu'à la voûte. Elle date de la fin du quinzième siècle, quand Valence était l'une des places marchandes majeures de la Méditerranée. La visite prend vingt minutes et n'a pas d'équivalent.

Le Mercado Central

Juste en face, l'un des plus grands marchés couverts d'Europe, sous une structure moderniste de fer et de verre de 1928, avec près de mille étals. On y vient pour les produits, pas pour la décoration : jambon, riz, agrumes, poissons de la côte. Il ferme en début d'après-midi et n'ouvre pas le dimanche.

La cathédrale et le tribunal des Eaux

La cathédrale abrite une coupe d'agate que l'Église reconnaît comme le Santo Cáliz, l'un des objets revendiqués comme le Saint Graal. La tour du Miguelete, deux cent sept marches, donne la vue sur les toits.

Devant la porte des Apôtres, chaque jeudi à midi, se tient le tribunal des Eaux : huit agriculteurs élus tranchent oralement, en valencien et sans écrit, les litiges d'irrigation de la plaine. C'est la plus ancienne institution judiciaire d'Europe encore en fonction, inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO, et la séance est publique.

Le Barrio del Carmen

Le vieux quartier, entre les deux portes médiévales qui subsistent, les Torres de Serranos et les Torres de Quart. Ruelles étroites, murs peints, bars ouverts tard : c'est là que se passent les soirées valenciennes, et l'endroit où l'on boit une agua de Valencia, cocktail local à base de cava et de jus d'orange, plus traître qu'il n'en a l'air.

Les étals de fruits du Mercado Central de Valence sous la verrière moderniste et les vitraux au blason de la ville
Le Mercado Central, près de mille étals sous une structure de fer et de verre de 1928. Il ferme en début d'après-midi et n'ouvre pas le dimanche.

Les quartiers

Trois quartiers font la ville d'aujourd'hui, et deux d'entre eux ne figurent sur aucun circuit.

Ruzafa

Au sud de la gare, Ruzafa était un faubourg ouvrier ; c'est devenu le quartier où l'on sort le soir, autour de son marché couvert et de la calle Cadis. Librairies, torréfacteurs, bars à vin, et pendant les Fallas les fallas les plus travaillées de la ville. On y mange mieux et moins cher que dans le centre historique.

El Cabanyal

Entre la ville et la plage, l'ancien village de pêcheurs aligne des maisons basses couvertes d'azulejos, chacune d'une couleur différente. Le quartier a failli être coupé en deux par une avenue, projet abandonné après vingt ans de bataille : il se visite aujourd'hui à pied, en pleine réhabilitation, et c'est le meilleur endroit de Valence pour manger du poisson.

Le Carmen, au-delà des ruelles

Le vieux quartier ne se résume pas à ses bars. L'IVAM, musée d'art moderne, y expose la collection Julio González dans un bâtiment qui a conservé un pan de la muraille arabe dans son sous-sol. Et le musée des Beaux-Arts, de l'autre côté du Turia, possède la deuxième collection de peinture ancienne d'Espagne après le Prado, avec un autoportrait de Vélasquez.

La mer, les plages et l'Albufera

Le centre historique n'est pas au bord de l'eau : il faut compter trois à quatre kilomètres, soit une vingtaine de minutes de tramway, pour atteindre la Malvarrosa et Las Arenas, deux longues plages de sable urbaines bordées d'une promenade et de restaurants. Plus au sud, la plage du Saler est adossée à des dunes et à une pinède, et bien plus calme.

À dix kilomètres, l'Albufera est une lagune d'eau douce séparée de la mer par un cordon de dunes, entourée de rizières. On la traverse en barque au coucher du soleil, et c'est de ces rizières que vient le riz de la paella.

L'Albufera, de plus près

La lagune couvre près de vingt-quatre kilomètres carrés, ce qui en fait le plus grand lac d'Espagne, et elle est entourée de rizières inondées la moitié de l'année. On la traverse en albufera, la barque à voile latine des pêcheurs, au départ d'El Palmar : une demi-heure, quelques euros, et le coucher de soleil vaut le déplacement à lui seul.

Le parc naturel est aussi une étape majeure des oiseaux migrateurs, avec des observatoires en accès libre. Et les barraques, ces maisons blanches à toit de roseaux très pentu, sont l'habitat traditionnel de la plaine : il en reste quelques dizaines, dont plusieurs restaurées.

Les plages d'Espagne

Une barraca blanche isolée au bord des rizières inondées de l'Albufera, près de Valence, reflétée dans l'eau immobile
Les rizières de l'Albufera, à dix kilomètres de la ville. C'est de là que vient le riz bomba de la paella, et c'est là qu'on la mange le mieux.

La paella, là où elle est née

Les plats espagnols qui comptent

À table, au-delà de la paella

La paella n'est pas tout, et ce n'est même pas ce que les Valenciens mangent le plus souvent.

L'esmorzaret est l'institution locale : un casse-croûte pris vers dix heures, un sandwich généreux, une bière ou un vermouth, des cacahuètes et un petit piment. Il coûte quelques euros dans les bars de quartier et il remplace largement un déjeuner.

L'horchata est une boisson glacée tirée du souchet, une racine cultivée dans la plaine au nord de la ville. On la boit avec des fartons, des brioches allongées faites pour y être trempées, et la ville d'Alboraya en est le berceau. Rien à voir avec l'horchata mexicaine, qui est au riz.

Côté plats, l'all i pebre mijote des anguilles de l'Albufera à l'ail et au paprika, l'arròs a banda cuit le riz dans un bouillon de poisson et se sert sans le poisson, et la fideuà remplace le riz par des vermicelles courts. Toutes trois sont plus quotidiennes que la paella du dimanche.

Les Fallas

Pendant cinq jours, les quartiers dressent dans les rues des sculptures monumentales en carton et en bois, souvent satiriques, hautes parfois de plus de vingt mètres. Chaque jour à quatorze heures, la mascletà fait exploser sur la place de la mairie une séquence de pétards conçue pour être ressentie dans la poitrine plutôt qu'entendue.

Dans la nuit du 19, tout brûle, sauf une figure sauvée par un vote du public. La fête est inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Elle est aussi bruyante, dense et impossible à improviser : hôtels réservés des mois à l'avance, tarifs multipliés, centre-ville fermé aux voitures.

Le calendrier des fêtes espagnoles

Murcie et la Costa Cálida

À deux heures de route, la région de Murcie reçoit une fraction des visiteurs de sa voisine. Cartagena vaut le détour pour son théâtre romain, redécouvert en 1988 sous un quartier entier et dégagé depuis. La ville de Murcie a une cathédrale dont la façade baroque est parmi les plus travaillées d'Espagne.

Entre les deux, la Mar Menor est une lagune salée séparée de la Méditerranée par une langue de sable de vingt kilomètres : une eau peu profonde et chaude, très prisée des familles, dont l'état écologique reste fragile.

Se déplacer

Une des villes d'Espagne où la voiture sert le moins, et où le vélo sert le plus.

Quand venir à Valence

D'avril à juin, la ville est à son meilleur : vingt à vingt-cinq degrés, des terrasses praticables et une lumière franche. Septembre offre la même chose avec une mer encore chaude. L'été est lourd, autour de trente degrés avec une humidité qui empêche la nuit de rafraîchir, et l'hiver reste doux, entre dix et dix-huit degrés.

Pour l'accès, l'AVE relie Madrid à Valence en une heure cinquante, et l'aéroport est à huit kilomètres du centre, relié par le métro. La ville se visite ensuite entièrement à pied et à vélo : la voiture n'y sert à rien, sauf pour l'Albufera et Murcie.

Questions fréquentes sur Valence en Espagne

Est-ce que Valence vaut le coup ?

C'est la troisième ville d'Espagne, et celle qui demande le moins d'efforts : un centre médiéval qui se traverse à pied, un parc de neuf kilomètres à la place d'un fleuve, la Cité des arts de Calatrava, et une plage urbaine au bout du tramway. Deux jours suffisent pour la ville, trois avec l'Albufera. Les prix y restent nettement inférieurs à ceux de Barcelone.

Est-ce que Valence est en bord de mer ?

Oui, mais pas son centre historique, qui se trouve à trois ou quatre kilomètres du rivage. Les plages de la Malvarrosa et de Las Arenas se rejoignent en une vingtaine de minutes de tramway ou de bus depuis le centre. C'est un point qui surprend beaucoup de visiteurs au moment de choisir leur hôtel.

Est-ce que Valence est une ville dangereuse ?

Non. Elle figure régulièrement parmi les grandes villes les plus sûres d'Espagne, et se promène sans problème le soir dans le centre et sur le front de mer. Les seuls incidents courants sont les vols à la tire, concentrés autour du Mercado Central, dans les transports et sur les plages en été. Les précautions habituelles suffisent.

Quelle est la meilleure période pour visiter Valence ?

D'avril à juin, et en septembre. Le printemps donne vingt à vingt-cinq degrés et des soirées praticables. L'été est chaud et très humide, autour de trente degrés avec une nuit qui ne rafraîchit pas. Mars vaut le déplacement pour les Fallas, du 15 au 19, à condition d'accepter la foule et le bruit. L'automne est la saison des pluies violentes.

Combien de jours faut-il pour visiter Valence ?

Deux jours pleins couvrent l'essentiel : une journée pour le centre historique, le Mercado Central, la Lonja et la cathédrale, une autre pour le jardin du Turia et la Cité des arts. Un troisième jour permet l'Albufera et une paella au Palmar, ou une journée de plage. La ville se prête bien à un long week-end.