
La Galice et les Asturies
L'Espagne atlantique : verte, pluvieuse, fraîche en été. Elle est à son meilleur exactement quand le sud devient insupportable, et l'on y croise nettement moins de monde.
Il existe une Espagne qui ne ressemble pas à l'image qu'on s'en fait : verte, boisée, battue par l'Atlantique, où l'on mange du poulpe sous la pluie et où l'été plafonne à 25 degrés.
C'est aussi le seul coin du pays qui soit à son meilleur en juillet et en août, quand l'Andalousie dépasse les 40 degrés. Pour un voyage d'été, l'arbitrage mérite d'être posé.
Que voir, étape par étape
012 joursSaint-Jacques-de-Compostelle
022 joursLes Rías Baixas
031 jourLes îles Cíes
041 jourLa Ribeira Sacra
051 jourLa Costa da Morte et Finisterre
062 joursLes Picos de Europa

Les villes
A Coruña
La tour d'Hercule y fonctionne comme phare depuis le deuxième siècle, ce qui en fait le plus ancien encore en activité au monde. Elle est classée au patrimoine mondial. La ville a aussi ses galerías, ces façades entièrement vitrées qui protègent du vent et donnent au front de mer son aspect de verrière continue.
Lugo
La seule ville au monde encore entièrement ceinte de ses remparts romains, longs de plus de deux kilomètres et classés à l'UNESCO. On en fait le tour à pied par le chemin de ronde, au-dessus des toits.
Oviedo et Gijón
Oviedo conserve des églises préromanes du neuvième siècle, un style qui n'existe qu'ici et qui précède le roman de deux cents ans. Gijón, sur la côte, est la ville du cidre : dans une sidrería, on verse le verre de très haut, bras tendu, pour aérer un cidre plat et acide qui n'a rien à voir avec le breton.


La Costa da Morte et le Finisterre
Entre A Coruña et Fisterra, la Costa da Morte porte un nom qui ne relève pas de la légende : les naufrages y ont été innombrables, et plusieurs cimetières marins longent la côte. Le phare de Fisterra, terminus de beaucoup de pèlerins qui prolongent le Camino de trois jours après Saint-Jacques, marque ce que les Romains prenaient pour la fin des terres.
Plus à l'est, la Playa de las Catedrales découvre à marée basse une enfilade d'arches et de galeries taillées dans le schiste. L'accès est contingenté à la belle saison et exige une autorisation gratuite prise en ligne, et il ne sert à rien de venir sans consulter les horaires de marée : à marée haute, la plage n'existe pas.
Enfin, les Rías Baixas, au sud, dessinent quatre estuaires profonds où se pratique l'élevage de la moule sur des radeaux de bois, les bateas, dont on compte plus de trois mille : la Galice produit à elle seule la moitié des moules d'Europe.
Ce qui rend la Galice différente
On y parle le galego, langue romane cousine du portugais, officielle au même titre que le castillan et comprise par presque toute la population. Les panneaux, les noms de lieux et les menus sont souvent dans les deux langues, et l'écart avec le portugais est si faible que Galiciens et Portugais se comprennent en parlant chacun sa langue.
Le paysage est couvert d'hórreos, greniers à maïs de pierre ou de bois posés sur des pieds champignons pour empêcher les rongeurs de monter, coiffés d'une croix. Il y en a des dizaines de milliers, dont certains longs de trente mètres, et ils sont protégés. La région revendique par ailleurs un héritage celte, audible dans la cornemuse locale, la gaita, et visible dans les castros, villages fortifiés de l'âge du fer dont Santa Tegra est le plus spectaculaire.
Reste la Ribeira Sacra, où la vigne descend en terrasses vertigineuses jusqu'au Sil : on parle de viticulture héroïque parce que tout s'y fait à la main, sur des pentes que nulle machine ne monte. Les catamarans qui remontent le canyon sont la meilleure façon de le voir.
À table dans l'Espagne verte
La Galice vit du poisson et du coquillage. Le pulpo á feira, poulpe bouilli au chaudron de cuivre, coupé aux ciseaux et servi sur une assiette de bois avec du paprika et de l'huile, se mange dans les foires et se boit avec du vin blanc en bol de céramique. Ajoutez les percebes, pouces-pieds arrachés aux rochers battus par les vagues par des pêcheurs encordés, le produit de la mer le plus cher d'Espagne, et la empanada galicienne, une tourte plate au thon ou à la viande.
Les Asturies répondent par la terre : la fabada, ragoût de gros haricots blancs au boudin et au chorizo, le cachopo, deux escalopes de veau farcies au jambon et au fromage puis panées, et surtout les fromages, dont le cabrales, un bleu affiné en grotte dans les Picos de Europa.
À boire, l'albariño des Rías Baixas côté galicien, un blanc sec et tendu qui accompagne les coquillages, et le cidre côté asturien, qu'on verse de très haut et qu'on boit d'un trait, un fond de verre à la fois.
Arriver et circuler
Trois aéroports desservent la région : Saint-Jacques, A Coruña et Vigo côté galicien, Asturias près d'Avilés. Le train à grande vitesse relie désormais Madrid à Saint-Jacques en un peu plus de trois heures, ce qui a changé la donne pour un séjour court.
Sur place, la voiture est indispensable dès qu'on quitte les villes : les rías, la Ribeira Sacra, la côte asturienne et les Picos ne se desservent pas en transport public. Et les routes contournent chaque bras de mer, ce qui allonge tout.
L'arrivée des pèlerins
Saint-Jacques est le terminus de toutes les routes du Camino de Santiago. Les cent derniers kilomètres depuis Sarria, en Galice, suffisent à obtenir la Compostela, ce qui en fait le tronçon le plus fréquenté d'Espagne : en été, les albergues de cette portion se remplissent avant midi.
Même sans marcher, assister à l'arrivée des pèlerins sur l'Obradoiro en fin de matinée est l'un des moments les plus singuliers qu'offre le pays.
Questions fréquentes sur la Galice et les Asturies
Quelle est la meilleure période pour visiter la Galice ?
Juillet et août, exactement quand le sud de l'Espagne devient invivable. Les températures dépassent rarement 25 °C, les journées sont longues, et c'est la seule période où la pluie s'espace vraiment. Juin et septembre fonctionnent aussi, avec moins de monde et un risque d'averses plus élevé.
Pleut-il vraiment tout le temps en Galice ?
Beaucoup, oui, mais pas n'importe quand : l'essentiel des précipitations tombe d'octobre à mai. L'été atlantique est doux et souvent lumineux. Cette pluie explique le paysage, qui n'a rien de commun avec le reste de l'Espagne : c'est une région verte, boisée, plus proche visuellement de la Bretagne que de l'Andalousie.
Que manger en Galice et dans les Asturies ?
En Galice, le poulpe à la galicienne, les percebes, ces pouces-pieds récoltés sur les rochers battus, les coquilles Saint-Jacques et le vin blanc albariño. Dans les Asturies, la fabada, un ragoût de haricots, les fromages dont le cabrales, et le cidre versé de haut pour l'aérer, geste qui se pratique dans toutes les sidrerías.
Combien de temps faut-il pour visiter la Galice et les Asturies ?
Comptez une semaine pour la Galice seule, dix jours en ajoutant les Asturies. Les distances paraissent courtes sur la carte mais les routes de rías et de montagne sont lentes. Deux bases suffisent : Saint-Jacques ou Pontevedra pour la Galice, Cangas de Onís ou Llanes pour les Picos.
Faut-il une voiture pour visiter la Galice ?
Oui, sauf si vous vous limitez à Saint-Jacques, desservie par le train et l'avion. Les rías, la Ribeira Sacra, la Costa da Morte et les Picos de Europa ne se parcourent pas autrement. C'est l'une des régions d'Espagne où la location pèse le plus dans le budget.



