
Séville
Le classement UNESCO tient ici dans trois cents mètres. Le seul vrai obstacle, ici, c'est le thermomètre.
Séville a une particularité rare : sa cathédrale, son Alcázar et ses archives des Indes forment une seule et même inscription au patrimoine mondial, et se touchent presque. On peut donc voir trois monuments majeurs en une journée sans jamais prendre un transport.
La difficulté est ailleurs. Séville est la grande ville la plus chaude d'Europe, et le choix du mois compte davantage ici que dans n'importe quelle autre ville d'Espagne.
Les incontournables
Le Real Alcázar
C'est le plus ancien palais royal encore en usage en Europe : la famille royale espagnole y loge toujours lorsqu'elle est à Séville. Le cœur du site est le palais mudéjar bâti au quatorzième siècle pour Pierre le Cruel, roi chrétien qui a fait travailler des artisans musulmans deux siècles après la reconquête de la ville. Le résultat, autour du Patio de las Doncellas, est une architecture islamique commandée par un catholique.
Les jardins, immenses, méritent autant que les salles, et se vident quand les groupes partent. Le Cuarto Real Alto, à l'étage, se réserve à part et n'ouvre qu'à quelques visiteurs par créneau.
Deux détails valent qu'on les cherche. Les bains de María de Padilla, une citerne voûtée sous les jardins, dont le plan d'eau réfléchit les arcs en une symétrie parfaite. Et le Patio de las Doncellas, dont le jardin central en contrebas a été retrouvé sous un dallage du dix-neuvième siècle et restitué : on marche aujourd'hui sur le niveau du quatorzième.
Alcázar, cathédrale et Giralda

Alcázar de Séville : billet d'entrée
4,6 (35 146 avis)
20 € par personneprix de départ relevé le 2 septembre 2026

La cathédrale et la Giralda
C'est la plus grande cathédrale gothique du monde, bâtie sur l'emplacement de la grande mosquée almohade dont elle a gardé deux morceaux : le patio des Orangers, et le minaret devenu clocher.
La Giralda se monte sans une seule marche : trente-quatre rampes successives, conçues pour qu'un cavalier puisse atteindre le sommet à cheval. À l'intérieur de la nef, le tombeau de Christophe Colomb est porté par quatre hérauts représentant les royaumes d'Espagne, et le retable majeur est le plus grand jamais sculpté.
Les quartiers
Santa Cruz
L'ancien quartier juif, collé à l'Alcázar : des ruelles si étroites que deux personnes s'y croisent difficilement, des patios entrevus par des grilles, et des places minuscules. Il se parcourt sans itinéraire, et c'est la bonne façon. Évitez simplement d'y déjeuner, les cartes y sont touristiques.
Triana
De l'autre côté du Guadalquivir, Triana a longtemps été un faubourg à part, celui des céramistes, des marins et des familles gitanes d'où sort une bonne part du flamenco. On y traverse par le pont de Triana, on visite le marché installé sur les ruines du château de l'Inquisition, et on dîne bien mieux que dans le centre.
La Plaza de España et les Setas
La Plaza de España a été construite pour l'Exposition ibéro-américaine de 1929 : un hémicycle de brique de deux cents mètres, un canal qu'on parcourt en barque, et quarante-huit bancs d'azulejos représentant chacun une province espagnole. Le lieu a servi de décor à la planète Naboo dans Star Wars.
Les Setas de la Encarnación, à l'opposé, sont une structure de bois lamellé posée en 2011 sur une place du centre : parmi les plus grandes du monde dans ce matériau. La passerelle du sommet donne la meilleure vue sur les toits, et elle est ouverte tard.
Les autres lieux
La Casa de Pilatos
Un palais du seizième siècle bâti par un noble revenu de Jérusalem, qui mêle azulejos mudéjars, colonnes antiques rapportées d'Italie et plafonds à caissons. Il est beaucoup moins fréquenté que l'Alcázar pour une architecture du même ordre, et c'est probablement la meilleure visite de Séville en plein après-midi d'été.
L'Archivo de Indias et la Torre del Oro
L'Archivo General de Indias, troisième pièce de l'inscription à l'UNESCO avec la cathédrale et l'Alcázar, conserve des dizaines de kilomètres de rayonnages sur la colonisation des Amériques. L'entrée est libre. Au bord du fleuve, la Torre del Oro, tour de guet almohade du treizième siècle, fermait le port par une chaîne tendue jusqu'à l'autre rive.
Le musée des Beaux-Arts
Installé dans un ancien couvent, il abrite la deuxième collection de peinture d'Espagne après le Prado, centrée sur le Siècle d'or sévillan : Murillo, Zurbarán, Valdés Leal. La salle principale est l'ancienne église, dont les voûtes ont été conservées. On y est presque seul.

Voir un vrai flamenco
Séville est, avec Jerez et Cadix, l'un des berceaux du genre, et l'offre y va du remarquable au parfaitement industriel. La distinction se fait en deux questions : une vraie salle ne sert pas de dîner pendant la représentation, et elle ne programme pas six séances par soir.
Les petites salles de Triana et du centre, souvent une trentaine de places, donnent une heure sans micro ni sono, où l'on entend le bois du plateau. C'est ce qu'on vient chercher.
À table
Quatre plats reviennent sur toutes les ardoises. Les espinacas con garbanzos, épinards et pois chiches au cumin, héritage direct de la cuisine andalouse musulmane. Le solomillo al whisky, filet de porc à l'ail flambé, plat de bar assumé. La cola de toro, queue de taureau mijotée. Et le pescaíto frito, friture de petits poissons servie en cornet.
À boire, le vin de Jerez est à cinquante kilomètres : un fino ou une manzanilla bien froids accompagnent la friture mieux que n'importe quel blanc. En été, le rebujito, manzanilla allongée de limonade, est ce que boivent les Sévillans pendant la Feria.
Un mot sur les orangers : la ville en compte des dizaines de milliers, et leurs fruits sont amers, immangeables crus. Ils partent en marmelade, souvent vers le Royaume-Uni, et depuis peu une partie sert à produire du biogaz. Les cueillir soi-même est une déception classique.
La chaleur, et le calendrier
La bonne saison va de mars à mai, puis d'octobre à novembre : vingt à vingt-huit degrés, des orangers en fleur au printemps, et des soirées dehors. L'hiver est doux, autour de quinze degrés, et l'affluence tombe.
Deux semaines échappent à toute règle. La Semaine sainte voit les confréries porter leurs pasos jour et nuit à travers la ville, en particulier pendant la Madrugá, la nuit du Jeudi au Vendredi saint. La Feria de Abril suit deux semaines plus tard, avec une précision que beaucoup découvrent sur place : la plupart des casetas sont privées et n'entre pas qui veut. Sur ces deux périodes, les hôtels doublent et se réservent des mois à l'avance.
Séville en trois jours
Questions fréquentes sur Séville
Quelles sont les choses incontournables à faire à Séville ?
L'Alcázar et la cathédrale avec la Giralda, qui se visitent le même jour et se réservent tous les deux. Puis la Plaza de España, le quartier de Santa Cruz, Triana de l'autre côté du fleuve, les Setas de la Encarnación pour la vue, et un spectacle de flamenco dans une salle qui ne sert pas à dîner. Le tout tient en trois jours sans courir.
Quelle est la meilleure période pour aller à Séville ?
De mars à mai et d'octobre à novembre. Séville est la grande ville la plus chaude d'Europe : en juillet et en août, les après-midi dépassent régulièrement quarante degrés et la visite devient une épreuve. Attention toutefois à la Semaine sainte et à la Feria d'avril, magnifiques mais qui doublent les prix et remplissent la ville.
Que faire à Séville en trois jours ?
Le premier jour pour l'Alcázar le matin et la cathédrale l'après-midi, avec Santa Cruz entre les deux. Le deuxième pour la Plaza de España, le parc María Luisa et les Setas, puis un flamenco le soir. Le troisième pour Triana, le marché, l'autre rive du Guadalquivir et une tournée de tapas. Une excursion à Cordoue tient en une journée depuis Séville.
Est-ce que Séville vaut le coup ?
C'est la ville d'Espagne où l'on marche le plus volontiers : trois sites classés à l'UNESCO à trois cents mètres les uns des autres, un centre presque entièrement piéton, et une culture du bar à tapas qui rend les dîners faciles et bon marché. Deux ou trois jours suffisent, et c'est le point de départ naturel d'un circuit andalou.
Faut-il réserver l'Alcázar de Séville ?
Oui, plusieurs semaines à l'avance au printemps et à l'automne, le billet portant un créneau horaire. Le Cuarto Real Alto, les appartements royaux de l'étage, se réserve séparément et part encore plus vite. Sans billet daté, la file d'attente dépasse fréquemment une heure en plein soleil.



