
Les albergues du Camino
Un réseau qui n'obéit à aucune logique hôtelière : pas de réservation, une carte à faire tamponner, et une porte qui ferme à vingt-deux heures.
L'hébergement du chemin de Saint-Jacques ne ressemble à aucun autre en Espagne. Il est réservé aux marcheurs, il coûte quelques euros, il ne se réserve souvent pas, et il impose des horaires que personne ne discute.
Sur la place de l'Obradoiro, à l'arrivée, l'un des bâtiments qui bordent la cathédrale est d'ailleurs un ancien hospice de pèlerins du quinzième siècle, aujourd'hui parador. La logique de l'accueil sur le chemin a cinq cents ans.
Quatre types d'albergues
La credencial
C'est le carnet du pèlerin, et il sert à deux choses. Il ouvre l'accès aux albergues, qui sont réservés à ceux qui marchent, roulent à vélo ou vont à cheval. Et il prouve le parcours : on le fait tamponner à chaque étape, dans les albergues, les églises, les bars, les mairies.
Pour obtenir la Compostela, le certificat délivré à l'arrivée, il faut avoir parcouru au moins cent kilomètres à pied ou deux cents à vélo, et présenter deux tampons par jour sur ces cent derniers kilomètres. La credencial se retire auprès des associations jacquaires avant le départ, ou dans les premiers points d'accueil du chemin.
Faut-il réserver
Pour les albergues municipaux et paroissiaux, la question ne se pose pas : ils ne prennent pas de réservation. Pour les privés, oui, et cela devient réellement utile dans deux cas.

Une journée type
On se lève tôt, souvent avant six heures, parce que les albergues demandent de libérer les lits vers huit heures et parce que marcher aux heures fraîches est plus agréable. On marche vingt à vingt-cinq kilomètres, on arrive en début d'après-midi, on prend sa place, on lave son linge, et l'on dort tôt.
Beaucoup d'albergues servent un menú del peregrino le soir, autour de dix à quinze euros, et les paroissiaux organisent parfois un repas partagé où chacun met la main à la pâte. Les portes ferment généralement vers vingt-deux heures, et le silence s'impose de lui-même.
Les usages du dortoir
Ce que ça coûte
Deux dépenses sont systématiquement sous-estimées. Le matériel de remplacement : des chaussures qui lâchent au bout de trois semaines, un sac dont la sangle casse, et surtout des soins de pieds achetés en pharmacie presque chaque jour. Et le retour : le vol depuis Saint-Jacques se réserve mal à l'avance, puisque la date d'arrivée est incertaine, et coûte cher pris au dernier moment.
Si le dortoir n'est pas pour vous
Rien n'oblige à dormir en dortoir. Des pensiones, des chambres d'hôtes et des hôtels jalonnent toutes les étapes des grands itinéraires, et des services transportent les sacs d'un hébergement au suivant pour quelques euros, ce qui change radicalement la difficulté de la marche.
La Compostela n'exige rien de plus que d'avoir parcouru la distance à pied avec ses tampons : le type d'hébergement n'entre pas en compte. On perd une part de la vie collective du chemin, on gagne des nuits complètes, et c'est un arbitrage parfaitement légitime, notamment sur un long parcours.
Étapes réservables et derniers kilomètres

Trouver un lit en haute saison
Les albergues municipaux ne prennent pas de réservation : c'est leur principe, et c'est ce qui garantit une place au marcheur le plus lent comme au plus rapide. En contrepartie, ils se remplissent dans l'ordre d'arrivée, et sur le tronçon Sarria-Compostelle en juillet et en août, ils affichent complet avant midi.
Trois parades fonctionnent. Partir très tôt, entre cinq et six heures, ce que font la plupart des marcheurs d'été. Décaler ses étapes de cinq ou dix kilomètres par rapport au découpage des guides, pour dormir dans les villages intermédiaires que personne ne vise. Ou réserver en albergue privé, qui accepte les réservations, coûte cinq à dix euros de plus et garantit le lit.
Une règle non écrite mérite d'être connue : un albergue municipal complet garde généralement de la place au sol, matelas compris, pour un marcheur arrivé tard et à pied. Elle ne s'applique ni aux cyclistes ni à ceux dont le sac est transporté par un service, qui passent après tout le monde.
Questions fréquentes sur les albergues du Camino
Comment fonctionnent les albergues du chemin de Saint-Jacques ?
Ce sont des gîtes en dortoir réservés aux pèlerins, qui doivent présenter leur credencial, le carnet du pèlerin, et voyager à pied, à vélo ou à cheval. On y arrive en général en début d'après-midi, on repart le lendemain matin avant huit heures. Les municipaux et les paroissiaux ne se réservent pas et fonctionnent au premier arrivé.
Qu'est-ce que la credencial du pèlerin ?
Un carnet que l'on fait tamponner à chaque étape, dans les albergues, les églises, les bars ou les mairies. Il ouvre l'accès aux albergues et sert de preuve du parcours : il faut au minimum deux tampons par jour sur les cent derniers kilomètres pour obtenir la Compostela à l'arrivée. Il se retire auprès des associations jacquaires avant le départ, ou sur le chemin.
Faut-il réserver les albergues sur le Camino ?
Les albergues municipaux et paroissiaux ne prennent pas de réservation : c'est le premier arrivé, premier servi, ce qui structure le rythme des journées. Les albergues privés, eux, se réservent, et cela devient utile en été sur le Camino francés et sur les cent derniers kilomètres depuis Sarria, où l'affluence est la plus forte.
Combien coûte une nuit en albergue ?
De l'ordre de 8 à 15 € la nuit en dortoir dans un albergue municipal, un peu plus dans un privé, avec parfois le petit-déjeuner. Certains albergues paroissiaux fonctionnent au donativo, c'est-à-dire à la libre participation : dans ce cas, donner ce qu'aurait coûté une nuit ailleurs est l'usage, pas une générosité.
Peut-on faire le Camino sans dormir en dortoir ?
Oui, entièrement. Des pensions, des chambres d'hôtes et des hôtels jalonnent toutes les étapes, et des services transportent les sacs d'un hébergement au suivant. Cela coûte plus cher et l'on perd une partie de la vie collective du chemin, mais rien dans la Compostela n'exige de dormir en dortoir.


