La baie de La Concha à San Sebastián à la tombée de la nuit, les lumières du front de mer et le mont Urgull

San Sebastián

Une baie en forme de coquillage, deux collines qui la ferment, et entre les deux la plus forte concentration de comptoirs à pintxos au monde.

190 000
habitants
2 j
pour voir l'essentiel
3
plages dans la ville
1912
le funiculaire d'Igueldo

San Sebastián, Donostia en basque, tient dans un mouchoir de poche : trois kilomètres d'un bout à l'autre, une baie fermée par deux collines et une île au milieu. On en fait le tour à pied, et c'est ce qui la rend si facile.

Ce qu'on vient y chercher tient en deux choses : une des plus belles plages urbaines d'Europe et une façon de dîner qui n'existe nulle part ailleurs sous cette forme.

Que voir à San Sebastián

Tout est accessible à pied, et rien n'est payant sauf les deux funiculaires.

La baie de La Concha

La baie doit son nom à sa forme : un coquillage presque parfait, refermé par les monts Urgull et Igueldo, avec l'île de Santa Clara plantée en son milieu. La rambarde blanche en fer forgé qui borde la promenade est devenue l'emblème de la ville au point qu'on la retrouve sur tous les souvenirs.

Trois plages se suivent : La Concha, la plus centrale et la plus abritée, Ondarreta à l'ouest, plus familiale, et Zurriola de l'autre côté de l'Urumea, ouverte sur l'océan et donc avec de vraies vagues. En été, une navette relie l'île de Santa Clara, qui a sa propre petite plage à marée basse.

La plage de La Concha à San Sebastián, sa courbe de sable et le pavillon Belle Époque de La Perla au premier plan
La Concha vue depuis l'est, avec le pavillon de La Perla au premier plan. Au fond de la courbe, la vieille ville et le mont Urgull.

Les trois collines

Le mont Urgull

Il ferme la baie à l'est et se monte à pied en vingt minutes depuis la vieille ville, par des sentiers ombragés. Au sommet, le château de la Mota et une statue du Christ de douze mètres qui veille sur la ville. La montée est gratuite et la vue vaut celle du funiculaire d'en face.

Le mont Igueldo

À l'ouest, un funiculaire de 1912 monte en trois minutes vers un petit parc d'attractions d'époque, resté volontairement désuet. C'est de là que sont prises toutes les photos de la baie, celle qui montre le coquillage entier avec l'île au centre.

Le Peine del Viento

Au bout d'Ondarreta, trois peignes d'acier de dix tonnes chacun, installés par Eduardo Chillida en 1977, sont ancrés dans les rochers face au large. Sous l'esplanade, des évents percés dans la pierre projettent l'air et l'eau quand la houle entre : les jours de tempête, le lieu siffle et crache. C'est l'œuvre publique la plus réussie du pays.

Le Peine del Viento d'Eduardo Chillida à San Sebastián, un peigne d'acier corten ancré dans la roche face au large
L'un des trois peignes d'acier posés par Chillida en 1977 au bout d'Ondarreta. Sous l'esplanade, des évents percés dans la pierre sifflent quand la houle entre.

La Parte Vieja

Au pied du mont Urgull, entre le port de pêche et la basilique Santa María del Coro, le vieux quartier est entièrement piéton. Sa Plaza de la Constitución garde une trace de son passé : les balcons des maisons qui l'entourent sont numérotés, parce que la place servait d'arène et que chaque balcon se louait comme une loge.

Le marché de la Bretxa approvisionne la ville en produits du Pays basque, et c'est l'endroit pour comprendre d'où viennent les pintxos qu'on mangera le soir : poissons du golfe, piments de Guernica, fromage Idiazabal, cidre de la vallée voisine.

Une ruelle piétonne bondée de la Parte Vieja de San Sebastián, ses balcons de fer forgé et ses enseignes de bars
La Parte Vieja, quatre mètres de large et une centaine de bars. C'est ce qui la rend irrésistible le soir, et invivable depuis une chambre mal isolée.

La tournée de pintxos

Un pintxo par bar, un verre, puis on change d'adresse. Rester deux heures dans le même établissement, c'est passer à côté.

Les plats espagnols qui comptent

Le comptoir d'un bar à pintxos, ses plateaux de bouchées piquées de brochettes et ses bouteilles de rioja au-dessus
Ce qui est posé sur le comptoir se prend soi-même. Ce qui se commande au serveur sort de la cuisine, chaud, et c'est presque toujours meilleur.

Les tables étoilées

San Sebastián et ses environs immédiats concentrent l'une des plus fortes densités de restaurants étoilés au monde rapportée à la population. Trois maisons à trois étoiles se trouvent dans un rayon de quinze kilomètres : Arzak, Akelarre sur le mont Igueldo, et Martín Berasategui à Lasarte, juste à côté.

Ces tables se réservent plusieurs mois à l'avance et coûtent entre cent cinquante et trois cents euros par personne. Il existe aussi une institution qu'aucun guide ne vous fera visiter : les sociedades gastronómicas, clubs privés où les membres cuisinent eux-mêmes, longtemps interdits aux femmes, et où l'on n'entre qu'invité.

Tournées de pintxos et visites guidées

Une tournée guidée résout en deux heures le problème du choix des bars et de ce qu'il faut y commander. Elle coûte à peu près le prix des consommations.

San Sebastián : tournée de pintxos et de vins

4,8 (724 avis) · 3 h · annulation gratuite

105 € par personneprix de départ relevé le 2 septembre 2026

Musées et architecture

Des adresses qui tiennent leur rang, et un bâtiment qu'on croise sans pouvoir le manquer.

Le musée San Telmo

Installé dans un couvent dominicain du XVIesiècle au pied de l'Urgull, San Telmo raconte l'histoire du peuple basque, de la préhistoire au franquisme. L'ancienne église conserve onze toiles monumentales de Josep Maria Sert, peintes dans les années trente sur fond d'or. L'extension contemporaine, une paroi perforée où poussent des plantes, se lit comme un prolongement de la colline. Le musée est gratuit le mardi.

L'aquarium et le port

Au bout du port de pêche, l'aquarium municipal est l'un des plus anciens d'Espagne. Sa vraie curiosité n'est pas le tunnel à requins mais la salle d'histoire navale : le Pays basque a vécu de la chasse à la baleine puis de la pêche à la morue jusqu'à Terre-Neuve, et le squelette de cachalot suspendu au plafond vient de là. C'est le meilleur refuge de la ville un jour de pluie, ce qui n'est pas une hypothèse d'école ici.

Le Kursaal et la Tabakalera

Les deux cubes de verre posés à l'embouchure de l'Urumea sont l'œuvre de Rafael Moneo, qui les a voulus comme deux rochers échoués. Ils abritent le palais des congrès et accueillent le festival du film. À dix minutes de là, la Tabakalera, ancienne manufacture de tabac reconvertie en centre de création contemporaine, ouvre une terrasse au dernier étage : accès libre, vue sur les toits, et presque personne.

Autour de San Sebastián

Des sorties d'une demi-journée, accessibles en bus ou en train depuis la ville.

Getaria et Zarautz

Getaria, à une demi-heure, est un port de pêche adossé à un promontoire qu'on appelle la souris. C'est la ville natale d'Elcano, premier homme à avoir bouclé le tour du monde après la mort de Magellan, et celle du couturier Balenciaga, dont le musée occupe un palais au-dessus du port. On y grille le poisson entier sur des braseros installés dans la rue, et le txakoli y est produit sur les coteaux qui descendent jusqu'à la mer.

Zarautz, juste à côté, aligne la plus longue plage du Pays basque, deux kilomètres et demi ouverts sur l'océan, et vit du surf.

Pasaia et le sentier du littoral

À vingt minutes à l'est, Pasai Donibane est un village d'une seule rue, coincé entre la falaise et un goulet que l'on traverse en barque pour quelques dizaines de centimes. Victor Hugo y a séjourné ; sa maison abrite l'office de tourisme. De là part un sentier de corniche vers Hondarribia, l'une des plus belles marches côtières du nord de l'Espagne.

Hondarribia et la frontière

À vingt kilomètres, face à Hendaye, Hondarribia conserve une ville haute fortifiée autour du château de Charles Quint, devenu parador, et une rue basse, la calle San Pedro, bordée de maisons de pêcheurs aux balcons de bois peints. C'est le meilleur aller-retour d'une soirée depuis San Sebastián.

Arriver et se déplacer

La ville se traverse à pied de bout en bout. Le sujet, c'est d'y entrer, pas d'y circuler.

L'aéroport de San Sebastián, à Hondarribia, ne reçoit que des vols intérieurs. Depuis la France, le plus simple reste Biarritz, à quarante-cinq minutes, relié par une ligne d'autocar directe. Bilbao, à une heure quinze, offre beaucoup plus de destinations et un bus toutes les heures qui arrive à la gare routière de Donostia.

En train, l'Euskotren longe la côte depuis Hendaye en une demi-heure : c'est lent, ça s'arrête partout, et ça reste la façon la moins chère de passer la frontière. Sur place, tout se fait à pied ; le réseau de bus urbains ne sert vraiment que pour rejoindre le Peine del Viento ou monter à Igueldo.

Le budget d’un voyage en Espagne

Ce que coûte un séjour

San Sebastián est la ville la plus chère d'Espagne à la nuitée, devant Barcelone et Madrid. En juillet et en août, une chambre double correcte dans le centre se négocie rarement sous cent cinquante euros, et le double pendant le festival du film. Hors saison, la même chambre tombe à quatre-vingts.

Le reste est étonnamment raisonnable. Un pintxo coûte entre deux euros cinquante et quatre euros, un zurito de bière autour de deux euros, et un dîner debout complet tient dans trente euros par personne. Les plages, les deux collines, le Peine del Viento et la promenade ne coûtent rien ; les seules dépenses obligatoires d'une journée de visite sont les deux funiculaires, quelques euros chacun.

Quand venir

De juin à septembre, avec juin et septembre en tête : vingt à vingt-cinq degrés, une mer baignable et moins de monde qu'en août. Le climat est atlantique, donc pluvieux toute l'année, et un imperméable sert davantage qu'un parapluie.

Où dormir à San Sebastián, quartier par quartier

Questions fréquentes sur San Sebastián

Que voir absolument à San Sebastián ?

La plage de La Concha et sa promenade, le mont Urgull pour la vue et le Christ qui la domine, le Peine del Viento de Chillida à l'extrémité ouest de la baie, et la Parte Vieja pour une tournée de pintxos. Le funiculaire du mont Igueldo complète l'ensemble. Deux jours suffisent, et tout se fait à pied.

Est-ce que San Sebastián vaut le coup ?

Pour une ville de 190 000 habitants, la densité est rare : l'une des plus belles plages urbaines d'Europe, plusieurs restaurants à trois étoiles dans un rayon de quinze kilomètres, et une vieille ville qui se traverse en dix minutes. Le seul vrai reproche est le prix des nuits, parmi les plus élevés d'Espagne.

Quel est le plat typique de San Sebastián ?

Les pintxos, qui ne sont pas un plat mais une façon de dîner : on mange debout, une bouchée par bar, en changeant d'adresse à chaque tournée. Les classiques sont la gilda, brochette d'olive, d'anchois et de piment doux, le txangurro, une araignée de mer gratinée, la txuleta de bœuf vieilli, et la cheesecake basque brûlée en dessert.

Quel est le quartier sympa de San Sebastián ?

La Parte Vieja pour les pintxos et l'animation du soir, le Centro pour l'élégance Belle Époque et la proximité de la plage, Gros pour une ambiance plus jeune autour de la plage de surf de Zurriola. Les trois sont à un quart d'heure de marche les uns des autres : le choix se joue sur le bruit et sur le prix.

Combien de jours faut-il pour visiter San Sebastián ?

Deux jours pleins. Le premier pour la baie, les deux collines et le Peine del Viento, le second pour la vieille ville, le marché de la Bretxa et une tournée de pintxos. Un troisième jour permet une échappée vers Bilbao, à une heure quinze de bus, ou vers les villages de la côte comme Getaria et Zarautz.