
Les Baléares
À une heure d'avion de Paris, un archipel dont chaque île donne un séjour qui n'a presque rien en commun. Le choix se fait avant de réserver, pas sur place.
On parle des Baléares comme d'une destination unique, et c'est l'erreur qui coûte le plus cher : entre une semaine à Minorque et une semaine à Ibiza, il n'y a pas la même mer, pas les mêmes nuits, pas le même budget et pas le même public.
Le vrai travail de préparation tient donc en une question : laquelle des quatre correspond à ce que vous venez chercher. Le reste suit tout seul.
Quelle île choisir
Majorque
La plus grande et la plus peuplée, avec près d'un million d'habitants à l'année. Ce qui la distingue n'est pas sa côte mais son intérieur : la Serra de Tramuntana, quatre-vingt-dix kilomètres de montagne classée au patrimoine mondial comme paysage culturel, avec ses terrasses de pierre sèche, ses villages accrochés et ses routes en lacets.
Palma est une vraie ville qui vit toute l'année, avec une cathédrale où Gaudí est intervenu. C'est aussi l'île la plus fréquentée de l'archipel, et celle où les mois de juillet et d'août pèsent le plus lourd.
Minorque
Classée réserve de biosphère par l'UNESCO en 1993, Minorque a fait le choix inverse de sa voisine : peu de constructions en bord de mer, pas d'immeubles hauts sur la côte, et des criques auxquelles on accède souvent à pied plutôt qu'en voiture.
Le Camí de Cavalls, ancien chemin de ronde militaire, en fait le tour complet sur environ cent quatre-vingt-cinq kilomètres, découpés en une vingtaine d'étapes balisées. C'est le meilleur moyen d'atteindre les calas du sud, Macarella, Turqueta, Mitjana, dont beaucoup n'ont aucune route.
L'île conserve aussi des centaines de monuments préhistoriques, les talayots et navetas, entrés au patrimoine mondial en 2023.

Ibiza
La réputation d'Ibiza tient à une bande étroite : Playa d'en Bossa, Sant Antoni et les grands clubs, où se joue une saison estivale d'une intensité particulière et d'un coût à l'avenant. C'est réel, mais cela concerne une fraction de l'île.
Le nord, autour de Sant Joan et de Santa Agnès, est rural, silencieux et couvert d'amandiers, avec des criques auxquelles on descend par des sentiers. Et Dalt Vila, la vieille ville fortifiée qui domine le port, est inscrite au patrimoine mondial : remparts du seizième siècle, ruelles blanches, et la meilleure vue de l'archipel au coucher du soleil.
Formentera
Une vingtaine de kilomètres de long, aucun aéroport, aucun immeuble haut, et une eau dont la couleur s'explique par les herbiers de posidonie qui la filtrent : ces prairies sous-marines sont classées au patrimoine mondial et l'ancrage y est réglementé.
Ses Illetes, au nord, est la plage la plus photographiée d'Espagne, et l'accès en voiture y est payant et contingenté en été. L'île se parcourt à vélo, ce qui est la bonne façon. Le revers : en juillet et en août, les navettes venues d'Ibiza y déversent des visiteurs à la journée, et la tranquillité disparaît entre onze et dix-sept heures.

La Minorque talayotique
Entre 1600 et 100 avant notre ère, une société insulaire a couvert l'île de constructions cyclopéennes, montées sans mortier avec des blocs que personne ne sait vraiment comment ils ont été levés. On en dénombre plus de mille cinq cents sur sept cents kilomètres carrés, et l'ensemble est entré au patrimoine mondial en 2023.
Passer d'une île à l'autre
Des ferries relient quotidiennement Palma, Ibiza et Minorque, avec des traversées de deux à quatre heures selon la ligne et le type de navire. Des vols intérieurs desservent aussi les trois îles qui ont un aéroport, en une trentaine de minutes.
Formentera fait exception : elle ne se rejoint qu'en bateau depuis Ibiza, une demi-heure de traversée avec des départs très fréquents en saison. C'est cette absence d'aéroport qui l'a préservée, et il n'est pas question de lui en donner un.
Voiture et hébergement, à réserver tôt

À table aux Baléares
La sobrasada est la spécialité majorquine : une charcuterie de porc au paprika, molle, qui se tartine. On la mange sur du pain grillé avec du miel, et elle est protégée par une indication géographique. À côté, l'ensaïmada, une brioche en spirale au saindoux, saupoudrée de sucre glace, que les Majorquins rapportent en boîte ronde quand ils voyagent.
Minorque a donné son nom à une sauce : la mahonnaise, née à Mahón et rapportée en France par le duc de Richelieu après la prise de l'île en 1756. Elle produit aussi un fromage de vache au lait cru, le Mahón-Menorca, et un gin, hérité de la présence britannique au dix-huitième siècle, qu'on boit mêlé de limonade sous le nom de pomada.
Partout, le riz de poisson et la caldereta de langosta, ragoût de langouste qui est le plat le plus cher des îles et la raison d'aller à Fornells.
Ce que ça coûte
La saisonnalité est brutale : une même chambre se loue trois à quatre fois plus cher la première semaine d'août que la dernière de mai, et une voiture de catégorie moyenne peut passer de trente à cent cinquante euros la journée. Les îles importent presque tout, ce qui renchérit aussi les courses d'une quinzaine de pour cent par rapport au continent.
À cela s'ajoute l'impôt de séjour durable, prélevé par nuit et par personne de plus de seize ans, modulé selon la catégorie de l'hébergement et réduit hors saison. Il est réglé sur place, rarement inclus dans le prix affiché, et finance la restauration du patrimoine et de l'environnement.
Quand y aller
La bonne fenêtre va de la mi-mai à juin, puis de septembre à la mi-octobre : vingt-deux à vingt-huit degrés, une mer déjà chaude en juin et encore chaude en octobre, et des criques où l'on trouve de la place.
Questions fréquentes sur les Baléares
Quelle île des Baléares choisir ?
Majorque si vous voulez de la variété : montagne, ville, villages et plages sur une seule île. Minorque si vous cherchez le calme et des criques préservées, c'est la moins construite des quatre. Ibiza si vous venez pour la nuit, mais son nord est aussi tranquille que Minorque. Formentera pour la couleur de l'eau, à condition d'accepter qu'elle n'a pas d'aéroport.
Quelle est l'île la plus calme des Baléares ?
Minorque, sans hésitation. Elle est classée réserve de biosphère par l'UNESCO depuis 1993, ce qui a limité la construction en bord de mer, et son sentier côtier fait le tour complet de l'île sur environ 185 kilomètres. Formentera est plus petite et tout aussi tranquille hors saison, mais elle se remplit en juillet et en août avec les visiteurs venus d'Ibiza à la journée.
Quelle est la meilleure période pour aller aux Baléares ?
De la mi-mai à juin, et de septembre à la mi-octobre. La mer est baignable dès le mois de juin et reste chaude jusqu'en octobre, les tarifs sont raisonnables et les criques accessibles. Juillet et août concentrent la foule, les prix les plus élevés de l'année et la saturation des aéroports.
Comment aller d'une île des Baléares à l'autre ?
Par ferry, avec des liaisons quotidiennes entre Palma, Ibiza et Minorque, et une traversée très fréquente entre Ibiza et Formentera, d'une demi-heure environ. Des vols intérieurs relient aussi les trois îles à aéroport. Formentera ne se rejoint qu'en bateau depuis Ibiza : elle n'a pas d'aéroport, et c'est ce qui l'a protégée.
Les Baléares sont-elles chères ?
En juillet et en août, oui, autant que la Côte d'Azur sur l'hébergement et la location de voiture. En mai, en juin ou en octobre, les mêmes prestations tombent souvent de moitié. Une écotaxe s'ajoute par nuit et par personne, plus élevée en haute saison, et elle finance des projets environnementaux de l'archipel.





