
Où dormir à San Sebastián
La ville tient dans trois kilomètres. Le choix ne porte donc jamais sur la distance, mais sur le bruit, la vue et le prix.
San Sebastián est coincée entre deux collines et un fleuve, ce qui explique à peu près tout : la ville ne peut plus s'étendre, les nuits y coûtent cher, et les quatre quartiers où l'on peut dormir sont tous à moins d'un quart d'heure de marche les uns des autres.
Autrement dit, aucun choix de quartier ne peut vraiment rater un séjour. Ce qui change, c'est le bruit sous les fenêtres et ce que vous payez la nuit.
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Comparer les hôtels quartier par quartier
La Parte Vieja
Le vieux quartier occupe le pied du mont Urgull, entre le port de pêche et la plaza de la Constitución. Ruelles piétonnes, façades serrées, et surtout la plus forte densité de bars à pintxos au monde : les calles Fermín Calbetón, 31 de Agosto et San Jerónimo en alignent une centaine sur quelques centaines de mètres.
Dormir ici, c'est sortir de l'hôtel et être déjà arrivé. C'est aussi la seule zone de la ville où l'on ne peut pas circuler en voiture, ce qui règle la question du parking en la rendant insoluble.
Le Centro et La Concha
On l'appelle aussi l'Área Romántica : c'est la ville construite à la fin du dix-neuvième siècle, quand la cour d'Espagne venait passer l'été ici. Immeubles Belle Époque, avenues larges, la cathédrale du Buen Pastor au milieu, la promenade de La Concha en bas.
C'est le seul quartier qui met tout à dix minutes : la plage, la vieille ville, la gare, les commerces. Le prix de ce confort se lit sur la facture, et les deux hôtels historiques de la ville y sont installés.
La différence entre deux rues
Un détail change beaucoup : le premier rang face à la baie, sur la calle Zubieta et le paseo de La Concha, se paye entre cinquante et cent euros de plus la nuit que la rue juste derrière, pour deux minutes de marche. La vue vaut peut-être ce prix pour une nuit, rarement pour cinq.

Gros et la plage de Zurriola
De l'autre côté de l'Urumea, à trois ponts du centre, Gros est le quartier où vivent les habitants. La plage de Zurriola y est ouverte sur l'océan, donc avec de vraies vagues : c'est le spot de surf urbain du Pays basque, et le palais des congrès Kursaal en marque l'entrée.
Les bars à pintxos y sont moins nombreux mais souvent meilleurs, parce qu'ils servent des clients qui reviennent. Comptez douze minutes à pied jusqu'à la Parte Vieja, et une note d'hôtel inférieure de trente à cinquante euros la nuit à prestation égale.
Ondarreta, Antiguo et le mont Igueldo
À l'extrémité ouest de la baie, Ondarreta prolonge La Concha avec une plage plus large, moins profonde et bien plus tranquille, où les familles s'installent. Derrière commence l'Antiguo, quartier résidentiel sans intérêt touristique mais avec des tarifs qui s'en ressentent, et des places de stationnement qui existent.
Au bout, le Peine del Viento d'Eduardo Chillida enfonce ses trois peignes d'acier dans les rochers, et le funiculaire de 1912 monte au mont Igueldo. Vingt-cinq minutes de marche séparent Ondarreta de la vieille ville, le long de la baie : c'est la plus belle promenade de la ville, mais c'est une promenade, pas un trajet qu'on fait quatre fois par jour.
Où dormir, concrètement
Maria Cristina, Centro
Ouvert en 1912 au bord de l'Urumea, face au théâtre Victoria Eugenia, c'est le palace de la ville et l'hôtel officiel du festival du film. Façade néoclassique, lustres de cristal, et un bar, le Dry, qui reste ouvert à qui n'y dort pas. Fin septembre, il se réserve un an à l'avance et les tarifs n'ont plus grand rapport avec le reste de l'année.
Lasala Plaza, Parte Vieja
Le seul cinq étoiles installé dans la vieille ville, ouvert en 2018 sur la plaza de la Trinidad. Sa terrasse de toit domine le port et le mont Urgull, et les rues à pintxos sont à deux minutes. C'est aussi, logiquement, l'adresse où l'isolation acoustique compte le plus, et elle tient.
Akelarre, mont Igueldo
Vingt-deux chambres accrochées à la falaise, au-dessus du golfe de Gascogne, greffées en 2017 sur le restaurant trois étoiles de Pedro Subijana. On n'y vient pas pour visiter la ville, qui est à dix minutes de voiture : on y vient pour dîner et ne pas avoir à redescendre.
Londres y de Inglaterra, face à La Concha
Institution de 1865, façade blanche à balcons de fer forgé posée directement sur la promenade. Ce n'est pas un palace et le mobilier le rappelle par endroits, mais aucune chambre de la ville n'offre cette vue à ce prix. Précisez bien habitación con vistas : les chambres arrière donnent sur une rue ordinaire.
Ce que coûte vraiment une nuit
San Sebastián se classe régulièrement parmi les villes les plus chères d'Espagne pour l'hébergement, devant Madrid. En juillet et en août, un hôtel correct dans le Centro se négocie autour de cent cinquante à deux cent cinquante euros la nuit, et un cinq étoiles part de trois cent cinquante. Les mêmes chambres tombent souvent de moitié en novembre ou en février.
Deux semaines échappent à toute logique : la Semana Grande, à la mi-août, avec son concours international de feux d'artifice, et le Zinemaldia, le festival du film, fin septembre. La ville affiche complet, les minimums de trois nuits se généralisent, et beaucoup de voyageurs finissent par dormir à Irún ou à Hendaye.
La consolation est dans l'assiette : deux à quatre euros le pintxo, deux euros cinquante le verre de txakoli, et un dîner complet debout pour vingt-cinq à quarante euros. Manger à San Sebastián coûte moins cher qu'y dormir.
Depuis la France et depuis l'Espagne
L'aéroport de San Sebastián, à Hondarribia, ne dessert presque rien. Celui de Bilbao est à une heure et quart de bus et couvre toute l'Europe. Depuis la France, la frontière d'Hendaye est à trente minutes de voiture, et le Topo, le métro transfrontalier, relie Hendaye au centre en trente-cinq minutes sans qu'on ait à se garer.
C'est un point à trancher avant de réserver : dans la Parte Vieja et le Centro, le stationnement se fait en parking souterrain payant, autour de vingt-cinq euros par jour. Si vous venez en voiture, la question du parking pèse plus lourd que celle de la vue.

Dormir autour de la ville
La première consiste à s'écarter de quelques stations de bus, vers Amara, Egia ou Antiguo : quinze minutes de marche en plus, vingt à trente pour cent de moins, et des quartiers où l'on mange mieux et moins cher que dans la Parte Vieja.
La deuxième est de loger sur la côte. Zarautz et Getaria, à une demi-heure par l'Euskotren, offrent la plage, le txakoli et des tarifs sans rapport ; Hondarribia, à vingt minutes de la frontière, a une vieille ville fortifiée et un parador. Les trains sont fréquents jusqu'à minuit passé.
La troisième, dormir côté français à Hendaye ou à Biarritz, revient rarement moins cher une fois le trajet compté, et fait perdre le seul moment où la ville vaut vraiment son prix, qui est le soir.
Questions fréquentes sur où dormir à San Sebastián
Quel est le meilleur quartier pour dormir à San Sebastián ?
Le Centro, entre la plage de La Concha et le fleuve Urumea, pour la plupart des voyageurs : on est à dix minutes à pied de la vieille ville sans en subir le bruit, et la plage est en bas de la rue. La Parte Vieja convient à ceux qui viennent pour les pintxos et se couchent tard. Gros, de l'autre côté du fleuve, coûte moins cher et reste à un quart d'heure de tout.
Est-ce que San Sebastián est cher ?
Pour l'hébergement, oui : c'est l'une des villes les plus chères d'Espagne, parce que la baie est fermée par deux collines et que la ville ne peut plus s'étendre. En août et pendant le festival du film, les tarifs doublent. Hors saison, la même chambre revient au prix d'une chambre à Bilbao. Manger, en revanche, reste abordable si on s'en tient aux pintxos.
Quel est le quartier festif de San Sebastián ?
La Parte Vieja, et plus précisément les calles Fermín Calbetón, 31 de Agosto et San Jerónimo, où les bars à pintxos se touchent. L'animation dure jusqu'à deux heures du matin les week-ends d'été, et elle monte dans les chambres. Gros offre une vie nocturne plus jeune et moins dense, autour de la plage de Zurriola.
Est-ce que San Sebastián vaut le coup ?
Pour une ville de 190 000 habitants, la densité est rare : une plage urbaine parmi les plus belles d'Europe, trois restaurants à trois étoiles dans un rayon de quinze kilomètres, et une vieille ville qui se traverse en dix minutes. Deux nuits suffisent à en faire le tour, et c'est souvent le meilleur format, vu le prix des nuits.
Combien de temps à l'avance faut-il réserver à San Sebastián ?
Trois à quatre mois pour juillet et août, et davantage encore pour la Semana Grande, à la mi-août, et pour le festival du film, fin septembre. Ces deux semaines-là, la ville affiche complet et les hôtels appliquent souvent un minimum de trois nuits. Le reste de l'année, quinze jours suffisent.


